kentaka
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« Répondre #3 le: Avril 03, 2010, 07:30:38 » |
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merci, je me sens si si isolée en ce moment, c'est bon d'avoir des mots de vous ! mon fils est parti -vivre chez mon frère- mon amie est partie aussi : je quitte le quai de 8 ans de vie de partages je n'étais jamais restée aussi longtemps au port ! c'est drôle je suis si sociable la journée et dans mon travail, et si sauvage le reste du temps ... aller vers l'autre, ici en France pour moi ce n'est pas facile ... allez va, je vous transmet mon dernier poème :
L’exil
l’exil c’est naître naître au milieu de nulle part, un jour des jours dans un ailleurs que personne ne connaît sans présage d’abord naître, revenir de tout et fissurer le temps, perdre ta mémoire tomber en apesanteur, te remettre dépouillé aux mains fragiles
mon exil fût d’être aimée, bercée dans des peaux noires des parfums forts et des rires, et me rendre compte bien plus tard comme le blanc différencie, et domine l’exil retour en France, sans dire si peu pouvoir sentir sans saisir le sens de l’au revoir
abandonner ta terre ne pas ressembler perdre le contact offert défaire, défaire la chaleur
ce qui sépare aussi t’avance l’exil, irrémédiable inattendu nouvelles fréquences auxquelles je m’ajuste c’est trembler trembler dans l’instant, et soulever le voile
l’exil de recevoir un coup, suffoquer de surprise être petite chercher un grand, ne pas souvent trouver refuge
puis cette violence bouillonnante, cachée geyser qu’un jour explose et dont on n’sait qui l’a foré …
l’exil arrivée à l’école après 5 ans de liberté, le cœur nu et découvrir l’hiver inquiet quand tu es né dans le désert
c’est le silence des parents sur leur passé la blessure recouverte de la perte douleur d’une traversée émotions enfermées
l’exil c’est trébucher lorsque je tends … à rencontrer ravaler les mots parfois les gestes qui viendraient dessiner mon paysage c’est ce retrait sauvage
la toute prison dorée où le vivant s’interroge et se lasse
l’exil d’être repoussé, par celui qui crée ta différence n’avoir plus de place que celle d’être jugée, adversité de regard alors qu’aimer une femme est un cadeau si précieux à mes yeux une épopée
l’exil encore, de l’enfant sans père aimant … porter seule, ô exil des heures d’insomnie la vie la nuit qui surgit, et que les autres dorment l’exil de mon corps aussi, en survie ses pas et ses replis, son combat
Revenir inventer l’à venir
intégrer la violence rester assise, dans mes entrailles
laisser aller, grandir l’enfant comme partir mon fils aimé
chercher mes parts assemblées pour commencer
Commencer encore, et encore.
09/01/2010
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