Auteur Sujet: Témoignage et besoin de réponses  (Lu 467 fois)

Phoenix

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Témoignage et besoin de réponses
« le: Août 06, 2017, 02:34:37 pm »
Bonjour. Je souhaitais vous raconter ce que j’ai vécu, et essayer de comprendre si je dois considérer ce qui m’est arrivé comme un viol/agression sexuelle, ou juste comme une mauvaise expérience.

Je suis une fille de 19 ans, et ce que je vais raconter s'est passé il y a 8 mois environ. J'en ai parlé à quelqu'un pour la première fois il y a quelques jours, mais j'ai eu le sentiment d'avoir été incomprise.
Bref. Je parlais depuis quelques semaines à un garçon rencontré en soirée. On s’entendait bien, se plaisait un peu, et on se faisait parfois de vague petits sous-entendus sexuels par messages, pour plaisanter ; étant déjà en couple, je ne souhaitais pas du tout concrétiser avec lui, et je le lui avais dit clairement.
Un soir en sortant ensemble d’un bar, il m’a proposé de dormir chez lui. En effet plus aucun bus ne passait à cette heure, et j’avais à la fois peur et un peu la flemme de rentrer chez moi toute seule (45 minutes de marche sous la pluie en pleine nuit, cela me tentait beaucoup moins que de dormir chez lui qui habitait à 5 minutes de là). Je l’ai donc suivi. Il m’a embrassée lorsqu’on est arrivés chez lui, je l’ai repoussé la première fois, mais n'ai pas osé le faire trop fermement la seconde fois... Il me plaisait un petit peu, mais j’avais un copain, c’était tout. Arrivée dans sa chambre je me suis mise au lit, simplement dans le but de dormir, il était  tard et j’avais cours le lendemain matin. J’ai juste enlevé mon jean et mon soutien-gorge qui étaient peu confortables pour dormir. Il m’a embrassée à nouveau, m’a fait comprendre qu’il avait de coucher avec moi. Mais moi, plus il essayait de me toucher, plus je réalisais qu’il ne me plaisait pas et que la situation faisait que je n’avais pas du tout envie de lui. Il se montrait très insistant. Je me braquais quand il me touchait, mais j’aurais dû le repousser avec plus de conviction. Ainsi, on peut dire que je n’étais pas vraiment consentante, mais que je ne l’ai pas suffisamment montré.
Il m'a prit la tête pour que je lui fasse une fellation. Puisqu'il me tenait, je n'ai pas tenté de reculer. Il a voulu que je lui fasse une "gorge profonde". Je lui ai dit que c'était hors de question, mais du coup il m'a tenu la tête et s'est enfoncé aussi loin qu'il pouvait, sans prendre en compte mon refus. J’ai faillis lui vomir dessus. (Depuis, le principe même de « gorge profonde » me donne la nausée ; quand quelques mois plus tard mon petit-ami m’a demandé, sans savoir, si je voulais le lui faire, j’ai refusé en disant que je vomirais quoi qu'il arrive). Lorsqu’il m’a pénétrée je n’ai pas protesté, alors que je n’avais pas du tout envie ; mais il se montrait si insistant que je n’osais même plus dire non. Je me contentais de lui lancer un regard de gêne et de reproche, espérant qu'il le comprendrait comme un refus. Alors qu’il me baisait il m’a demandé de lui dire « je t’aime ». J’en étais bien incapable, il commençait à vraiment me répugner et je ne ressentais rien pour lui... A chaque fois que je répondais « je suis incapable de te dire ça », il me pénétrait un peu plus fort et me demandait à nouveau la même chose. A force, il commençait à me faire vraiment très mal mais j’étais incapable de lui dire ce qu’il voulait entendre. Je lui ai alors demandé de me lâcher. J’en avais marre, je voulais rentrer chez moi, partir le plus vite possible. J’ai dit non, j’ai dit stop. Il ne m’a pas lâchée. J’ai commencé à me débattre et à essayer de le pousser avec toute la maigre force que j’ai. Alors il m’a retournée sur le ventre, m’a bloqué les bras pour que j’arrête de le pousser, et il m’a fait vivre les minutes les plus longues de ma vie en me baisant, me maintenant fermement pour que je ne puisse plus bouger, et en me plaquant une main devant la bouche pour que j’arrête de lui dire stop. Je me suis dit que j’aurais dû crier plus fort, que cela aurait pu alerter son colocataire ; mais après réflexion, j’ai réalisé qu’avec la main que j’avais devant la bouche, tout ce que ce coloc aurait entendu, ç’aurait été des gémissement incompréhensibles qu’il aurait pu prendre pour des gémissements de plaisir…
Quand il a finit, j’étais tétanisée. Encore trop choquée et trop épuisée pour trouver la force de rentrer chez moi. Il était environ 3 heures du matin, je me suis recroquevillée dans un coin du lit et j’ai essayé de dormir, et j’étais prise de panique à chaque fois qu’il tentait de me prendre dans ses bras. Dès que je me suis réveillée, j’ai fuis,  j’ai filé en direction de ma fac, alors qu’il n'était que 7 heures du matin, mais je ne voulais pas rester plus longtemps près de lui. J’ai passé la matinée de cours dans un état second, complètement hermétique à tout contact avec les autres, je n’entendais rien de mes cours, était incapable de réagir aux plaisanteries de mes amies. A midi j’ai pris un bus pour rentrer chez moi, j’ai faillis fondre en larmes pendant le trajet. Arrivée chez moi je me suis lavée en me frottant plus fort que jamais, surtout entre les jambes, comme pour me « laver » de cette nuit, comme pour tout effacer. Je suis sortie de ma douche, et j’ai décidé d’oublier.
En fait, je crois que j’étais tellement choquée que je n’ai pas pris conscience du point auquel j’avais été touchée mentalement. J’ai refoulé ce souvenir. Pendant des semaines, cet événement n’a dans ma tête pas existé. Lorsque le garçon m’a renvoyé des messages pour que l’on se revoie, je me suis vu lui répondre très méchamment que c’était hors de question, mais je ne comprenais pas moi-même pourquoi je me montrais si froide. J’ai passé de longues nuits sans sommeil, j’étais incapable d’être heureuse, de me concentrer en cours, de rigoler franchement, je me également suis vue devenir beaucoup moins demandeuse au lit avec mon petit copain (à vrai dire j’attendais que lui ai envie et je disais oui pour lui faire plaisir), j’ai pensé que je retombais en dépression comme lorsque j’étais plus jeune. Je pensais que la raison était toujours la même, le fait que je sois mal dans ma peau et que je n’ai pas confiance en moi ; l’idée que j’avais pu être abusée et que ce pouvait être la raison de mon mal-être, ça ne m’a même pas traversé l’esprit. J’ai pris pendant plusieurs semaines des cachets pour dormir. Petit à petit, j'ai commencé à aller mieux.
Jusqu’au jour où tout m’est revenu en mémoire. Et j’ai rechuté.
Peu de temps après avoir "retrouvé" mes souvenirs, un ami m'a parlé de ce garçon dans des termes très agressifs. Je lui ai demandé pourquoi il était autant en colère après lui. Cet ami m’a alors raconté, « Tu sais, tout le monde est au courant que vous avez couché ensemble, il s’en vante. Mais je supporte pas la façon dont il parle de toi, comme si tu étais un objet. Ou quand il dit que tu es nulle au lit car tu ne sais rien faire. J’ai l’impression qu’il t’a prise pour un jouet sexuel. » Après une petite pause, il a ajouté : « Et puis, t’es pas la seule fille avec qui il se comporte mal. J’ai des potes qui m’ont raconté des sales trucs à son sujet, tu leur demanderas si tu veux savoir. Et puis… Il a violé une de mes amies. »
J’ai commencé alors à prendre conscience de ce que j’avais vécu, et petit à petit j’ai essayé d’oublier. Et alors que je commençais à y arriver…
Mon petit ami, qui n’était au courant de rien, a apprit par quelqu’un d’autre que j’avais couché avec ce type. Déçu, trahit, il m’a traitée d’infidèle. Et bête comme je suis, j’ai trouvé plus simple de lui dire « oui c’est vrai, je t’ai trompé avec lui » , que de lui raconter comment cela s’était réellement passé. Je préférais dire que j’étais infidèle que dire que j’avais été abusée.
Encore maintenant je me demande si cela est vrai. Si je peux dire que j’ai été abusée, ou si cela est en partie ma faute. Après tout, n’aurais-je pas du éviter les sous-entendus quelques jours plus tôt, même s’il savait que je n’étais pas sérieuse et souhaitais être fidèle à mon copain ? N’aurais-je pas du dormir chez moi ? Ou au moins garder mon jean sur moi lorsque j’étais dans son lit ? N’aurais-je pas du profiter du fait qu’il n’habite pas seul, pour crier au secours ; peut-être son colocataire aurait-il pu réagir ? Je sais qu’il aurait dû me lâcher quand je le lui demandais, mais ne l’ai-je pas un peu cherché en laissant jusque-là les choses se dérouler ?
Il y a quelques jours, je me suis enfin décidée à dire la vérité à mon copain. Je venais d’apprendre qu’il m’avait trompée, et me disait pour sa défense « Bha t’as fait la même chose, t’as pas à te plaindre non ? ». Je lui ai donc raconté comment cela s’était réellement passé. Ce à quoi il a répondu « Mais… Tu t’es fait violer !! Pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt ?! » Je pensais qu’il allait se montrer compréhensif, mais au final il a considéré que cela ne changeait rien au fait que je n’aurais pas du « draguer » ce mec, que je n’aurais pas dû dormir chez lui ni enlever mon jean une fois dans son lit. Donc que certes il a abusé de moi et est un gros connard ; mais que je l’ai quand même un peu cherché.
A-t-il raison ? Dois-je considérer que j'ai été violée / abusée, ou non ? Dois-je en vouloir à mon copain de me penser coupable, ou dois-je le comprendre ...?

fr69

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Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #1 le: Août 06, 2017, 08:49:28 pm »
Bonjour Phoenix

Je viens de lire ton récit.

Certes, tu as été imprudente, et tu t'es mise en situation dangereuse et ambiguë. Tu le sais. C'est un fait... MAIS. Même ainsi, tu restes en mesure de dire non. Et ce non aurait du être respecté. Avoir des contacts sexuels avec quelqu'un sans son consentement EST un viol. Quelque soit le point où l'action est allée, tout le monde a le droit de dire non. Et ce non doit être respecté. Sinon c'est un viol.

Prenons un exemple un peu différent du tiens. Imagine une fille qui serait allée plus loin que toi. Elle chauffe un gars. Cette fille commence par dire oui. Mais dans le feu de l'action elle change d'avis, et dise finalement non. Même dans cette situation, le gars doit en tenir compte. Respecter le non, même tardif ... Et tout arrêter. Il a le droit d'être déçu. Pas de continuer, sinon c'est un viol. L'excitation qu'à généré la fille n'est pas une excuse pour ignorer le non.

Dans ton cas, le non a été bien plus précoce que dans l'exemple que je te donne. Si dans l'exemple donné, c'est un viol, alors à plus forte raison dans ton cas, c'est bel et bien un viol.

Pour ton copain... C'est encore autre chose... Il est difficile de dire comment il devrait réagir... Alors je vais reprendre une situation différente de la tienne. Supposons que mon épouse ait agit d'une manière similaire. Supposons qu'il ne se soit RIEN passé du tout (donc absence de viol). Bien dans ce cas, personnellement, je lui en voudrais tout de même, et je me sentirais trahi, trompé. Supposons que la nuit n'ait pas existé du tout, juste les contacts par sms avec allusions sexuels. Supposons même qu'elle ne soit pas allée dans un bar avec un autre. Même dans ce cas, je me sentirais trahi trompé. On peut tromper quelqu'un sans pour autant passer à l'action ... Supposons maintenant que mon épouse, n'ait envoyé aucun sms à connotation sexuelle, qu'elle ne se soit pas rendue seule dans un bar, et n'ait pas non plus accepter de passer la nuit dans le lit (même pour dormir) d'un autre. Supposons qu'elle se soit rendue pour dormir chez un couple, devant dormir dans la chambre d'amis (car pour une raison sérieuse, elle n'aurait pas réussi à me joindre au téléphone pour que je vienne la chercher), mais que finalement, dans ces conditions elle se fasse violer. Là par contre, je n'aurais aucune raison de me sentir trahi, ni trompé. Pourtant il y aurait eu relation sexuelle... Ce n'est pas un rapport sexuel ou son absence qui défini si on trompe quelqu'un

En résumé, tu as été violée. Et en cela tu es une victime. Cela c'est un fait. Tu as droit à recevoir de l'aide, de la compassion, du réconfort...

Mais à mon sens tu as trompé ton copain dans le sens large du mot tromper, bien avant cette nuit...


« Modifié: Août 06, 2017, 09:21:21 pm par fr69 »
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

beebeevit

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Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #2 le: Août 06, 2017, 09:51:37 pm »
Bonjour Phoenix,

Je rejoins ce qu'a dit fr69, il s'agit bien d'un viol...
Quelle que soit la situation dans laquelle tu étais, tu avais le droit de dire "non",  et ce "non" aurait dû être respecté.

Phoenix

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Re : Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #3 le: Août 06, 2017, 09:53:24 pm »
Bonjour Phoenix

Je viens de lire ton récit.

Certes, tu as été imprudente, et tu t'es mise en situation dangereuse et ambiguë. Tu le sais. C'est un fait... MAIS. Même ainsi, tu restes en mesure de dire non. Et ce non aurait du être respecté. Avoir des contacts sexuels avec quelqu'un sans son consentement EST un viol. Quelque soit le point où l'action est allée, tout le monde a le droit de dire non. Et ce non doit être respecté. Sinon c'est un viol.

Prenons un exemple un peu différent du tiens. Imagine une fille qui serait allée plus loin que toi. Elle chauffe un gars. Cette fille commence par dire oui. Mais dans le feu de l'action elle change d'avis, et dise finalement non. Même dans cette situation, le gars doit en tenir compte. Respecter le non, même tardif ... Et tout arrêter. Il a le droit d'être déçu. Pas de continuer, sinon c'est un viol. L'excitation qu'à généré la fille n'est pas une excuse pour ignorer le non.

Dans ton cas, le non a été bien plus précoce que dans l'exemple que je te donne. Si dans l'exemple donné, c'est un viol, alors à plus forte raison dans ton cas, c'est bel et bien un viol.

Pour ton copain... C'est encore autre chose... Il est difficile de dire comment il devrait réagir... Alors je vais reprendre une situation différente de la tienne. Supposons que mon épouse ait agit d'une manière similaire. Supposons qu'il ne se soit RIEN passé du tout (donc absence de viol). Bien dans ce cas, personnellement, je lui en voudrais tout de même, et je me sentirais trahi, trompé. Supposons que la nuit n'ait pas existé du tout, juste les contacts par sms avec allusions sexuels. Supposons même qu'elle ne soit pas allée dans un bar avec un autre. Même dans ce cas, je me sentirais trahi trompé. On peut tromper quelqu'un sans pour autant passer à l'action ... Supposons maintenant que mon épouse, n'ait envoyé aucun sms à connotation sexuelle, qu'elle ne se soit pas rendue seule dans un bar, et n'ait pas non plus accepter de passer la nuit dans le lit (même pour dormir) d'un autre. Supposons qu'elle se soit rendue pour dormir chez un couple, devant dormir dans la chambre d'amis (car pour une raison sérieuse, elle n'aurait pas réussi à me joindre au téléphone pour que je vienne la chercher), mais que finalement, dans ces conditions elle se fasse violer. Là par contre, je n'aurais aucune raison de me sentir trahi, ni trompé. Pourtant il y aurait eu relation sexuelle... Ce n'est pas un rapport sexuel ou son absence qui défini si on trompe quelqu'un

En résumé, tu as été violée. Et en cela tu es une victime. Cela c'est un fait. Tu as droit à recevoir de l'aide, de la compassion, du réconfort...

Mais à mon sens tu as trompé ton copain dans le sens large du mot tromper, bien avant cette nuit...


Je tiens à préciser que mon copain étant un jeune fêtard tout comme moi, il dort aussi fréquemment dans d'autres lits que le sien (trop bu pour prendre la route par exemple, et des potes qui proposent de rester dormir, il ne dit pas non lui non plus...) et que cela n'avait jusque là jamais été un souci pour lui ni pour moi. C'était une habitude que nous ne nous reprochions pas jusqu'ici. Ce qui explique mes doutes face à ses accusations et le fait qu'il dise plus ou moins que cela est de ma faute si j'ai été abusée...
Mais tu as peut-être raison, je suis encore très perdue par rapport à cela, déjà l'acceptation de ce qui s'est passé est assez compliquée, donc les désaccords avec mon copain sont d'autant plus difficiles à gérer et à comprendre. Ce qui est le plus difficile est de réussir à comprendre si je suis réellement fautive dans cette expérience qui a mal tourné, ou non...

beebeevit

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Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #4 le: Août 06, 2017, 10:55:46 pm »
A mes yeux, tu n'es pas fautive...
Tu aurais pu être célibataire, complètement nue, dans ce lit, ça ne lui donnait pas le droit de te faire ça.
Un non reste un non. Une relation sexuelle non consentie est un viol.

Pour la réaction de ton copain, effectivement c'est compliqué...
Je ne sais pas ce que tu attends de lui, de votre relation et comme l'a dit fr69, il est difficile de dire comment il devrait réagir...
Ca me semble déplacé qu'il te reproche et te rejette la faute du viol, mais pour autant, je peux comprendre qu'il se sente trompé, non pas par le viol, mais par la situation autour...
A vous d'en discuter...
« Modifié: Août 11, 2017, 07:04:42 pm par beebeevit »

fr69

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Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #5 le: Août 08, 2017, 08:26:08 am »
Peut être me suis-je mal exprimé :

Est-ce un viol ? OUI

Es tu responsable de ce viol ? NON

Ton copain doit t il t'en vouloir pour avoir été violé ? NON

Ton copain doit il se sentir trompé car tu as eu des rapports sexuels dans le cadre de ce viol ? NON

Ton copain peut il te reprocher ton imprudence ? Cela dépend.

Ton copain peut il se sentir trompé par tout le reste ? Cela dépend. A mon sens oui
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Alexandra

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Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #6 le: Août 09, 2017, 02:14:16 pm »
C'était un viol, il n'y a pas de doute dans ma tête. Tu n'as rien fait pour provoquer ce qu'il a fait, au contraire, tu as essayé de le repousser. Passer la nuit chez lui était la solution la plus prudente même si pas idéale, mieux que de marcher seule la nuit. Comme Beebevit a dit, tu aurais pu être nue et celibataire, ca ne lui aurait toujours pas donner pas le droit de faire ce qu'il t'a fait. Tu dis que tu aurais plus de debattre. Je pense que le manque de réaction de te battre plus que tu exprimes a la fin n'est pas la preuve que tu l'as laissé faire et que c'est en parti de ta faute. J'imagine que inconsciemment tu devais penser que ca serait pire si tu le mettais en colère ou bien tu as fait ce que beaucoup de personnes font face à un abus, dissocier dans ton esprit pour moins souffrir.
Quant a ton copain, il ne comprend pas et/ou cherche certainement à se déculpabiliser de t'avoir trompé.
Alex.

fr69

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Re : Témoignage et besoin de réponses
« Réponse #7 le: Août 11, 2017, 03:28:59 pm »
En lisant ce qu'a écrit Alexandra, j'ai réalisé que je suis passé à coté d'un certain nombre de tes questions.

D'abord, se poser des questions, se dire que l'on aurait pu agir autrement, que l'on aurait du agir autrement ... Tout cela est logique. On le fait tous. Cela ne signifie en aucune manière que ces questions ont de vrais raisons d'exister. Comme l'a dit Beebeevit, même si tu avais été nue cela ne lui donnait aucun droit...

Etre imprudent, voir naïf, signifie-t-il que l'on provoque le viol ? Non. En aucun cas. Au "mieux" on facilite sans le savoir les choses à l'agresseur. Mais la faute demeure sur l'agresseur. Pas sur la victime. On s'accuse d'avoir mal agit. Par exemple, dans mon cas, je me suis dit : "si je n'étais pas resté seul à tourner en rond pour tuer le temps", "si j'avais compris plus vite ce que signifiait cette respiration, surtout que ce n'était pas mon premier viol", "si j'avais crié quand je le pouvais encore", "si j'avais fuis plus vite", "si je m'étais plus débattu" (etc.) Ces questions ne servent à rien. Avec des SI on referait le monde. Et en plus la réponde à la plupart de ces questions est souvent que cela n'aurait pas changé grand chose ou que cela aurait été pire

Ne pas repousser avec assez de force, ne pas se débattre, ou autre non action, signifie-t-il que l'on accepte le viol ? Non en aucun cas. En fait, si tu lis les témoignages tu verras qu'il est rare qu'une victime se défende énergiquement. Toutes avec le recul se disent qu'elle auraient du faire plus, qu'elles auraient pu faire plus. Mais la réalité est que face à une agression on ne sait jamais comment réagir. Peur, surprise, incrédulité, désespoir (etc.) font que l'on ne se défends pas.
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