Auteur Sujet: Evènement traumatique & psy  (Lu 2156 fois)

fr69

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Evènement traumatique & psy
« le: Juillet 11, 2015, 06:47:34 pm »
Ceci est une question que je me pose depuis longtemps. Lors d'une séance avec un psy, celui-ci nous amène-il à parler de l'évènement traumatique, ou bien nous laisse-t-il en parler, ou bien au contraire oriente vers d'autres sujets ?

Pendant plus d'un an, la psy ne savait rien du tout de l'évènement. Tout était dirigé vers des questions futile, sans aucune importance, sans valeur. Alors finalement je lui ai écris une lettre (je l'ai relu récemment, je n'ai pas été tendre) relatant un des évènements dont pas une fois on n'a parlé. Bon j'ai compris ensuite que pendant cette année, elle était focalisée sur l'anomalie génétique dont je suis atteint et cherchais en fait à la confirmer ...

Les quelques fois où j'ai essayé, systématiquement cela a dévié vers un autre sujet, ou bien brutalement j'ai compris : "pas un mot de plus" et j'ai sabré l'évènement.

Dans le POST http://www.rayondesoleil.org/index.php?topic=3027.0 Dolcezza déclare :
Citer
Lors des descriptions de l’évènement traumatique, nous devons le sentir empathique, supportant et surtout que nous n’avons pas besoin de prendre soin de lui

Donc j'en déduis que c'est un des sujets qui est abordé ... Or les seules choses qu'elle sait c'est les quelques éléments que je lui ai écris... Certes, il y a de nombreux autres problèmes parallèles dans ma vie, et peut être estime-t-elle que ces problèmes sont prioritaires et surtout moins sensibles (quoique) que le reste. Cela fait maintenant trois ans. Et pas une fois on s'est rapproché de la citation ci-dessus. L'une des toutes dernières séances avait pout sujet (qu'elle avait choisi) : pourquoi je prends des photo. En y réfléchissant, sa question avait une certaine logique. Ce fut au départ un moyen de conserver une trace de mon passé que mon cerveau semblait vouloir effacer presque en temps réel, puis est venu la notion de défi pour les photos "impossibles". Une question posée : pourquoi une telle haine du sport ? Question à laquelle je n'avais pas trouvé de réponse, que j'avais même oublié et dont brutalement un an plus tard la réponse logique s'est imposée (c'était il y a deux semaines) en même temps que le souvenir de cette question qui était restée en suspens.

Depuis le départ, j'ai l'impression de perdre mon temps. Je sais qu'il y a des sujets à ne pas aborder. Mais n'ayant pas trop le choix, je continue...

Peut être estime-t-elle simplement que je ne suis pas prêt ?

Elle a une très bonne mémoire. Des fois elle me ressort une information dont je ne me souvenais même pas lui avoir fait part, mais souvent, l'information qu'elle donne est légèrement erronée. Est-ce volontaire ou involontaire. J'ai l'impression qu'elle cherche des contradictions. A une question (n'ayant rien à voir avec ce site), j'ai volontairement tordu le sens de sa question pour répondre à coté, et je lui ai la fois suivante rappelé mot pour mot sa question en précisant même le moment où elle avait hésité sur le choix d'un terme. Et je lui ai dit clairement que j'avais tordu le sens d'un terme. Cette fois j'ai répondu directement à sa vrai question, mais j'avais avec moi une diapositive avec une date sérigraphiée. Une preuve de la réponse que j'allais lui donner. Et j'ai bien fait, car elle avait du mal à croire ce qu'elle voyait sur la photo. Depuis j'ai l'impression que sa recherche de contradiction a fortement diminué voire disparue. Est-ce moi qui ne suis pas prêt à en parler ? Ou Est-ce elle qui n'était pas prête à y croire ?

Je sais que je la déstabilise, car je la psychanalyse de mon coté. Je n'hésite pas à lui montrer comment elle a "trichée" dans certaines situations, quelle réaction qu'elle a tenté de cacher elle a pu avoir par exemple la fois où j'ai compris "pas un mot de plus". Elle sait maintenant qu'il y a bien plus derrière, mais ignore tout de ce qu'il y a.

D'un autre coté, j'ai vu pas mal de témoignages qui semblent indiquer qu'en fait, un psy aide rarement. Alors je ne sais pas ...
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

intime idée

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Re : Evènement traumatique & psy
« Réponse #1 le: Juillet 12, 2015, 11:02:37 am »
Coucou fr69,
N'ayant jamais ressenti le besoin ni l'envie de me lancer dans une thérapie,
pour ma part, il me sera bien difficile de répondre à tes questions sur le sujet :-\...

J'ai pourtant vécu des événements traumatiques si violents qu'ils ont pris le dessus durant des années sur ceux qui m'ont mené ici...

20 ans après ils hantent encore parfois mes nuits, restent impossibles à raconter pour moi,
 parce que les moins violents soulevaient déjà une impossibilité des rares personnes auxquelles j'en ai confié quelques extraits d'y croire, d'accepter que ça existe, l'impossibilité de les assimiler....
Il n'y a pas d'endroits pour pouvoir partager ceux là,
 parce que même partagés, ils restent beaucoup trop traumatiques pour ceux qui partageraient le fardeau...
Des événements récents me l'on encore prouvé il y a peu, nous ne sommes pas égaux devant l'indicible, alors je partirais le plus tard possible avec mes fantômes ;)...

Bon dimanche à toi  ;).
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

fr69

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« Réponse #2 le: Juillet 12, 2015, 11:42:36 am »
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j'en ai confié quelques extraits d'y croire, d'accepter que ça existe, l'impossibilité de les assimiler
Cela rejoint mon autre post "jamais cru"
Cela rejoint aussi la certitude que j'avais le jour où j'ai tordu le sens de sa question pour n'y répondre que la fois suivante avec une preuve photographique. Elle avait déjà du mal à croire ce qu'elle voyait alors que ce n'était rien…
Cela rejoint aussi la certitude que j'ai eu parfois "pas un mot de plus"

Citer
Il n'y a pas d'endroits pour pouvoir partager ceux là
Cela répond à ma question dans un sens

Citer
N'ayant jamais ressenti le besoin ni l'envie de me lancer dans une thérapie
Je n'en ai jamais eu envie non plus. On ne m'a pas forcé certes, mais c'est tout comme…
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Alexandra

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Re : Evènement traumatique & psy
« Réponse #3 le: Juillet 12, 2015, 03:28:24 pm »
Ca m'a aide d'avoir une personne qui pouvait m'aider a mettre des mots sur ce que je n'arrivait pas a decrire avec des mots. C'etait un endroit pour moi ou je n'avais pas a faire semblant d'aller bien. Mais c'est moi qui ai du faire le plus gros du travail. C'etait aussi important pour moi d'avoir la validation d'une autre personne que mes reactions etaient normales, que je n'etais pas completement folle. Par-contre, a mon avis, ce n'est pas une solution miracle, juste un petit support.
Dans ta situation, ne pas etre cru risque de rendre les choses pires. C'est ta decision, si tu penses que ca aide ou pas.
Alex.

cath83

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Re : Evènement traumatique & psy
« Réponse #4 le: Juillet 12, 2015, 03:36:20 pm »
Pour moi c'est très utile... Une source de support et un endroit où être vraie... Ou on se sent bien et à l'aise de parler de n'importe quoi... Moi je vois le psychiatre depuis qques années... Et à chaque rencontre c'est moi qui apporte le contenu.. C'est à moi de parler de ce que j'ai envie de parler cette journée la..  Moi pour pouvoir avancer j'en ai eu et j'en ai besoin... Tout dépend de chaque personne j'imagine... Et de l'approche du psy....

bulle

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Re : Evènement traumatique & psy
« Réponse #5 le: Novembre 24, 2015, 11:34:43 pm »
Bonjour,
personnellement je pense que ce n'est pas normal que tu ne puisses pas parler de ce qui t'est arrivé avec ton thérapeuthe; soit il y a un blocage de ta part, et c'est normal car c'est très difficile à aborder, en parler, surtout lorsque cela fait déjà longtemps qu'on est en thérapie et qu'on a parlé de tout un tas d'autres choses. Mais cette personne devrait t'aider au contraire, surtout suite à cette lettre. Soit c'est un blocage de sa part - mais de la part d'un psy c'est un peu étrange.
Ceci dit, cela me rappelle une expérience, le premier psy que j'ai vu était psychiatre et analyste; la question de l'abus et de mon amnésie traumatique a été assez éludée ("heureusement vous n'avez pas de souvenirs, heureusement ce n'était pas trop grave", etc), ce qui m'a beaucoup desservi par la suite, car j'ai minimisé ce qui m'était arrivé, je n'en ai plus parlé à personne, et résultat des années plus tard je me suis effondrée et il a fallu tout "reprendre".
Attention, cela s'est passé en 1997, période où en France le sujet était encore tabou ou mal connu des thérapeutes, et puis il s'agit de ma réaction personnelle (cela ne veut pas dire que cela peut te concerner directement).
Mais si j'avais un conseil à donner, ce serait de poursuivre en essayant de faire aborder ce sujet, ou alors de trouver un autre thérapeute plus à l'écoute et de le consulter directement à ce sujet.
Pour ma part, en suivant des conseils sur Rayon, j'ai consulté une thérapeute en Gestalt qui m'a beaucoup aidée et rassurée.
bon courage :)

prettywoman

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Re : Evènement traumatique & psy
« Réponse #6 le: Octobre 09, 2017, 02:37:41 pm »
L evenement traumatique ne peut etre aborder en therapie que si le patient l exprime...

Le therapeute n est que le receptable bienveillant pour accueillir la parole.

Tout le travail de therapie est effectue par le patient lui meme, le therapeute ne fait que guider, orienter. Il peut etre amener a poser des questions ouvertes pour permettre au patient de s exprimer...

Tout depend egalement du type de therapie...

Il faut bien se renseigner avant de consulter ou lors du premier rdv de l orientation therapeutique du psychiatre, ou psychologue...

Attention seuls ces deux metiers sont reconnus en France et sanctionnes par un diplome d Etat.

Bien sur il existe d autres sortes de pseudo therapeutes mais attention leur cursus n a pas fait l objet d etude ou de formation universitaire...sans etre des charlatans et sans mettre leur aptitude en doute, je dirais juste qu ils n ont pas de competences scientifiques reconnues

Personnellent je suis en therapie depuis 16 ans et je me rends compte des progres que j ai fait mais ils n ont ete possible que parce que j avais ma "bequille" therapeutique d un cote et ma "bequille" affective de l autre.

Ceci etant dit je comprends tout a fait et je respecte ceux qui ont fait le choix de ne pas consulter et qui ont su trouver en eux la capacite de rebondir

Je vous embrasse

Mireille

 

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