Les hommes victimes d’abus sexuels

Cette page est particulièrement destinée aux hommes victimes d’abus sexuels. J’ai décidé de créer une page spéciale pour mettre en valeurs un fait peu reconnu par notre société : les hommes sont aussi victimes d’abus sexuels ! Mais les conséquences psychologiques sont très similaires à celles des femmes, donc j’invite tout homme à visiter le reste du site car il s’adresse aux femmes et aux hommes de la même manière.

Faits essentiels: 

  • Les hommes sont aussi victimes de viols et d’abus sexuels
  • Les hommes sont plus abusés par des hétérosexuels que par des homosexuels
  • Les hommes sont parfois abusés par des femmes

Mythes par rapport aux hommes victimes d’abus sexuels 

1. “Les garçons et les hommes ne peuvent pas être des victimes car la société dit que les hommes sont capables de se défendre”. Mais les garçons ne sont que des enfants incapables de se défendre face à un adulte qui est beaucoup plus fort, plus grand qu’eux. De plus l’adulte a une certaine autorité aux yeux d’un enfant et l’adulte peut aussi menacer l’enfant. 

2. “La plupart des hommes qui abusent des garçons sont des homosexuels”. C’est faux, la majorité des abuseurs ne sont pas homosexuels. Ce sont des pédophiles au même titre que ceux qui abusent les filles/femmes. Certains d’entre eux sont d’ailleurs mariés. 

3. “Si un garçon est sexuellement stimulé ou a un orgasme lors de l’abus, cela veut dire qu’il participe volontairement ou ressent du plaisir”. En fait, les garçons ou adolescents peuvent répondre physiquement à une stimulation sexuelle lors d’une expérience traumatique ou douloureuse. Mais ce n’est qu’une réaction physique de la même manière que l’on crie “aïe” lorsqu’on se fait mal. Cela ne signifie en aucune manière que la victime a pris du plaisir ou volontairement participé à l’abus. Mais si le garçon ou l’adolescent a eu une réaction sexuelle, il peut en ressentir beaucoup de honte et se sentir coupable à cause de ça. Il y a aussi un manque de compréhension par rapport à cette réaction physique car la victime peut-être trop jeune pour comprendre ce qui se passe dans son corps.

4. “Les garçons sont moins traumatisés par un abus que les filles”. Ceci est faux. Les études montrent que les garçons, à long terme, sont affectés autant que les femmes même s’il y a quelques différences. Les hommes doivent faire face à la non reconnaissance par la société du viol masculin. Ce phénomène est minimisé par la société. 

5. “les garçons abusés par des hommes deviennent des homosexuels”. Certes, un abus sexuel pendant l’enfance peut influencer l’orientation sexuelle d’un homme lorsqu’il est adulte. Mais une personne, l’abuseur en l’occurrence, ne fait pas un garçon devenir un homosexuel. Tous les garçons abusés ne deviennent pas homosexuels et les homosexuels n’ont pas forcément été abusés pendant leur enfance. Il n’y a pas de lien de cause à effet. 

6. “Les hommes qui ont été abusés deviennent des abuseurs”. Ce mythe peut avoir des conséquences terribles, surtout si la victime est plus traitée comme un futur abuseur que comme une victime. Même s’il est vrai que beaucoup d’abuseurs ont été victimes d’une ou plusieurs formes d’abus dans leur passé, la grande majorité des victimes ne deviendront jamais des abuseurs.

7. “Si l’abuseur est une femme, le garçon ou l’adolescent devrait se considérer comme chanceux d’avoir été initié aux relations sexuelles”. En réalité, toute forme d’activité sexuelle non désirée, même si elle provient d’une femme, provoque des conséquences négatives.. Etre utilisé comme objet de plaisir sexuel, que ce soit par un homme ou une femme, ne reste pas sans conséquences pour la victime. 

Tant que la société croira en ces mythes et les enseignera aux enfants dès leur plus jeune âge, les personnes de sexe masculin abusées auront beaucoup de mal à obtenir la reconnaissance et l’aide qu’elles méritent. De la même manière, tant que les survivants croiront en ces mythes, ils ressentiront de la honte, une honte non justifiée. Aussi, il faut se rappeler que ce n’est jamais la faute d’un enfant s’il est abusé. 

Source: www.survivors-and-friends.org/survivors/MaleSurvivors/myths.html

Une premiere approche plutôt technique et statistique

*Avertissement:Ce qui suit est le résultat de quelques recherches menées sur les garçons victimes d’abus sexuels. Mes sources étant principalement canadiennes, toutes les statistiques citées ici concernent le Canada seulement, sauf s’il est précisé autre chose. J’essayerai plus tard de trouver des statistiques relatives à la France, mais je ne garantie pas que je serai capable d’en trouver. Je pense que ces statistiques sont malgré tout intéressantes, même si elles sont limitées au Canada, car elles aident à prendre conscience de l’importance du phénomène des males victimes d’abus sexuels dans les pays dits « développés ». Un dernier avertissement: il ne faut pas oublier que les statistiques ne sont que des chiffres et des nombres qui reflètent une moyenne la plupart du temps. On peut utiliser les statistiques pour prouver quelque chose et en même temps prouver son contraire, ce sont des données très maniables… Les études sont menées que sur un petit échantillon de personnes et les abus commis sur les hommes sont encore moins reportés que ceux commis sur les femmes. 

Une des premières choses à propos des garçons et adolescent victimes d’abus sexuels est que ces abus sont vraiment sous-reportés, encore plus que ceux des filles ou adolescentes. Selon les résultats d’une étude menée au Canada, un homme sur trois (33%) et une femme sur deux (50%) auraient été victimes de contacts à caractère sexuel non désiré. Environ 4/5 de ces évènements se produisent avant l’âge adulte. 33% des hommes ont reportés avoir été exposé d’une façon non volontaire aux organes génitaux d’une femme. Une autre étude aux Etats-Unis montre que les garçons sont en général victimes d’attaques plus violentes, mais ce fait est à contre-balancer par le fait que les garçons et adolescents ont tendance à ne pas signaler les incidents moins violents, moins que les femmes en général. 

Les victimes masculines sont aussi victimes d’inceste, notamment par les frères et sœurs. La personne en général ne désigne pas cela comme un abus sexuel car c’est un phénomène dont on parle très peu et le manque d’information conduit les victimes à ne pas reconnaître qu’elles ont été victimes d’un abus sexuel lorsque celui ci est commis par exemple par un frère, une sœur, un demi-frère, une demi-sœur… 

Les hommes peuvent aussi être victimes d’harcèlement sexuel, même si la société méconnaît aussi ce problème car les hommes sont vus comme les agresseurs et non les victimes sous prétexte qu’ils sont des hommes, donc ont une force physique plus importante. Une étude menée en France dit que 21% de jeunes hommes ont déclarés avoir subi des avances sexuelles non désirées. Ok, je sais que je l’ai déjà dit, mais soyez prudents avec les statistiques, il s’agit d’une référence et non de quelque chose à prendre comme unique vérité. Je ne cherche pas à dire que ces chiffres sont exagérés ou minimisés car je n’en sais rien. 
Pour revenir à mon sujet, les hommes sont vus par la société comme ayant « le pouvoir ». Il est vrai que le harcèlement sexuel est lié à cette notion de pouvoir, mais il est vraiment faux de considérer que seuls et tous les hommes possèdent ce « pouvoir ». Une attraction physique, l’âge, la popularité, et même la personnalité peuvent être des formes de pouvoir dans notre société, et cela s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes. 

Une forme d’abus sexuel dont on parle peut-être un petit plus dernièrement sont les viols commis dans les prisons sur les hommes. Il est facile de ne pas y voir de conséquences car seuls les « criminels » sont en prison, mais il n’y a pas que des criminels en prison, il y aussi des innocents qui sont en detention preventive et qui se font abuser. Qu’une personne ait commis une erreur ou non, cela ne donne le droit a personne de l’abuser.. Ils sont aussi des victimes. Et souvent ils ont déjà été des victimes car si on regarde la proportion des personnes en prison ayant grandis dans un environnement perturbé, ayant subi un abus que ce soit sexuel, physique ou émotionnel, on sera surpris du nombre élevé de prisonniers ayant été une victime dans leur passé. Je ne cherche pas une excuse pour les crimes commis, mais je constate simplement un fait. Toutes les personnes abusées ne deviennent pas des criminels et ce n’est pas une excuse, mais un fait qui peut influencer sur le futur développement de la personne. Le manque de support en France pour les femmes victimes d’abus sexuel fait déjà peur à constater. Il n’existe quasiment rien pour venir en aide aux victimes sur un plan psychologique. Mais c’est encore pire pour les hommes. Juste pour information, aux Etats-Unis, vous avez des milliers de centre d’aide aux victimes d’abus sexuels qui propose un soutien psychologique et qui sont spécialisés dans l’aide aux victimes d’abus sexuels, que se soient des hommes ou des femmes. 

Qui sont les abuseurs des victimes masculines ? 

Si l’on regarde les cas reportés à la police, il est évident que la majorité des abuseurs des filles et des garçons sont hétérosexuels. Ramsay-Klawsnick (1990) disent que les hommes adultes sont les abuseurs dans 33% des cas et les adolescents dans 12% des cas (pour les garçons). 

Les chiffres d’inceste commis par le père de la victime varient énormément selon les études, de 7% a 48%. Selon une étude, les beaux-pères seraient les abuseurs dans 28% des cas. 

Rogers et Terry (1984) après une étude ont noté que 56% des victimes masculines étaient abusées par des adolescents, pour 28% pour les filles et adolescentes. Selon une autre étude, 19% des cas d’inceste par des membres de la famille seraient commis par des personnes de sexe féminin. 

Il semble que les garçons soient en général plus abusés que les filles par plusieurs agresseurs. Certaines recherchent montrent que les garçons auraient aussi plus tendance à être abusés par des étrangers. Une autre étude reporte que les professeurs, le personnel des garderies, les animateurs de colonie, centre aéré, camps… représentent 24% des cas d’abus signalés. Risin et Koss reportent que les membres de la famille sont les abuseurs dans 22% des cas, des étrangers dans 15%, les baby-sitters dans 23%, les voisins, amis de la famille, professeurs dans 25%, les amis des frères et sœurs dans 9% des cas. Il semble que la tendance générale soit que les garçons ont plus de chance d’être abusés par des personnes qui ne sont pas des membres de la famille. 

Principale source: http://www.travel-net.com/~pater/invis-1.htm 

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